Un an de télétravail - On fait le bilan (calmement)

Il y a un peu plus d’un an, je quittais mon premier job pour de nouveaux horizons professionnels (c’est beau, on se croirait sur Linkedin).

Je vis en Franche-Comté, et honnêtement les jobs qui m’intéressent (mais ça c’est très subjectif) sont pour la majorité basés dans des grandes villes comme Lyon, Paris,… Et ça, c’est pas pour moi. J’apprécie ma vie tranquille à la “campagne”, j’ai ma famille, mes amis, mes activités,… Bref, si je peux éviter de bouger, c’est cool.

En l’occurence, j’ai la chance d’avoir trouvé un poste intéressant, chez un employeur (basé à Paris) qui accepte que je travaille en full remote.

Ce billet de blog a pour objectif de donner mon retour d’expérience sur cette année en télétravail. Restez bien assis, il y a des chances pour qu’il soit assez long.

Des modalités tu t’assureras

Dans mon cas, le sujet a été mis sur la table dès le début des échanges avec la personne en charge de mon recrutement. Le recrutement est un sujet chronophage pour tout le monde, donc autant voir de suite si ça va matcher de ce côté là.

Il se trouve que le remote se pratique pour beaucoup des personnes de l’équipe tech ici, qui sont pour certains en région, donc c’est un sujet déjà connu, c’est un bon point.

Pour ma part, je ne suis pas d’accord avec l’état d’esprit “Salarié vs Patron” que je peux lire ou entendre ici ou là. Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’abus dans certaines structures ou de la part de certains salariés, ce n’est pas le débat.

Je considère juste que la relation entre les deux parties est “bidirectionnelle”, et que les deux doivent y trouver leur compte. J’ai besoin d’un travail (ben oui, j’ai des serveurs à nourrir !) dans lequel je me sente bien, mon employeur a besoin d’un tech fiable.

Je ne considère pas le télétravail comme un dû de manière générale, je le considère comme un avantage, négocié proprement, à des conditions qui conviennent à tout le monde, aussi possible parce que j’occupe un poste qui le permet. Je ne considère pas non plus qu’il doive être imposé. J’ai des connaissances peu ou prou dans le même secteur d’activité / type de poste que moi à qui le télétravail ne plait absolument pas même en “flex”, et qui préfèrent le présentiel ! D’ailleurs, avant la période COVID, j’étais moi même plutôt “contre” le fait de travailler depuis chez moi.

L’une des choses que je voulais éviter à tout prix, c’est la situation dans laquelle se sont trouvés certains (chez Ubisoft, Amazon,… la presse en a largement parlé), avec des accords que je trouve douteux, et un retour “forcé” en présentiel qui me mettrait dans une situation délicate (déménager ou démissionner). Mon contrat de travail dans sa globalité est donc un CDI en télétravail, c’est écrit noir sur blanc, et mon lieu de travail est officiellement mon domicile. En “contrepartie”, je suis tenu de venir au siège quelques jours par mois (on y reviendra plus tard).

Des points réguliers ont été faits avec mon responsable, afin d’être certain que mon intégration se passe bien (dans un sens comme dans l’autre, et c’est d’ailleurs fait pour tous les arrivants), avec une petite vigilance supplémentaire étant donné ma situation.

Les conditions sont claires, sont posées, et conviennent aux deux parties, tout va bien.

Bonus, j’habite près de quelques POPs de l’opérateur pour lequel je travaille, donc en cas de galère, c’est aussi pratique (quelques optiques de spare, des jarretières, un OTDR, et hop, c’est parti !).

Dans de bonnes conditions tu seras

Bon c’est aussi valable au bureau. Mais dans un contexte de travail à la maison, il est important d’avoir un espace bien installé. J’ai vu nombre de personnes travailler sur la table de leur cuisine pendant la période COVID, on va pas se mentir c’est vraiment pas idéal.

Lorsque j’ai emménagé il y a quelques années, l’un de mes critères était de pouvoir avoir un espace “bureau” qui me plaise, où je puisse m’installer pour faire diverses choses (de la musique, du lab, de l’électronique, bref ce que j’ai envie).

Je dispose donc d’un grand bureau, d’une chaise adaptée (avec maintien pour les lombaires, etc), d’un setup multi écran, ainsi que d’autres éléments qui me sont fournis. Je suis donc bien installé.

Je ne suis pas trop soumis à l’aspect “distractions” qui inquiète (légitimement) certains, mais selon le contexte en termes d’installation / vie familiale, avoir une pièce séparée peut s’avérer indispensable.

L’isolement tu limiteras

Il est rapide de s’isoler dans un contexte de travail à distance. Il faut y faire très attention, tant pour la santé mentale que pour le travail en équipe (ou transverse entre équipes !).

Dans mon service, nous avons une room vocale ouverte en permanence où les gens vont et viennent (selon les besoins de se poser pour travailler sur un sujet compliqué, les appels,…), ça fait une sorte d’open space virtuel, je trouve ça vraiment bien.

Comme dit plus haut, je dois passer quelques jours dans le mois au siège à Paris. Globalement ça se fait sur un bloc de 3/4 jours tout d’un coup. Ça me permet de passer un peu de temps avec mes collègues autrement qu’à travers une visio, et souvent d’autres personnes aussi en remote sont présents, donc c’est l’occasion de se retrouver.

La participation à des événements de l’entreprise aide aussi beaucoup. Et il y a également le bureau d’études à 1h de route de chez moi, où je peux globalement aller un peu quand je veux (et où sont basés les collègues d’un autre service avec qui je suis en intéraction proche).

A l’inverse, il peut aussi être facile de tomber dans le piège de faire des heures supplémentaires à rallonge en étant à la maison. Étonnement j’arrive mieux à lâcher à la fin de mon shift en étant en télétravail que quand j’étais en présentiel total.

La haute dispo tu pratiqueras

Je n’allais quand même pas ne pas parler un peu technique dans ce billet !

Qui dit télétravail dit… connectivité ! Pas d’internet = pas de travail !

Il faut être prévoyant. Mais bon, de toute façon, moi j’aime bien la haute dispo (surement une déformation professionnelle…).

Je dispose d’une connexion de backup LTE, intégrée à mon réseau (merci Mikrotik), qui va piocher dans les Go dispos sur mon contrat mobile (que mon opérateur crédite ++ quand ma FTTH tombe en panne). Deuxième alternative, je peux utiliser mon mobile professionnel, qui dispose d’une SIM chez un AUTRE opérateur. J’envisageais aussi la mise en place d’une connexion de backup via Satellite, mais cela me pose plusieurs problèmes :

  • Je dispose d’une terrasse avec vue dégagée, mais n’ai pas la possibilité de passer un câble vers l’intérieur
  • Je préférerais une solution autre que Starlink, mais je ne trouve pas d’alternative européenne qui me satisfasse (pour le moment)

J’ai également ajouté quelques points stratégiques du réseau de mon employeur (en particulier les gateways VPN) à ma supervision, ce qui me permet aussi d’anticiper quelques problèmes et d’avoir des métriques.

Côté électrique, avec les batteries de mes onduleurs, de mon laptop, etc, je peux tenir un bon moment. Peut être qu’un jour j’investirai dans du matériel type “Ecoflow”, mais honnêtement là où je suis l’électricité est stable et je n’en ressens pas le besoin.

Et en cas de grosses galères, il y a d’autres endroits où je peux me rendre.

Conclusion

Le combo nouvel emploi + passage en télétravail a été un gros changement pour moi en 2024, avec pas mal d’inconnues (les classiques “est-ce que ça va bien se passer”, “est-ce que ça va me plaire”,…).

Au final, tout s’est bien passé, je me plais beaucoup dans ce que je fais actuellement, et j’ai trouvé un nouvel équilibre, qui me convient.